02/03/2026
Tarzanide n° 676
Avant hier, traitant par la dérision l’évènement actuel quant à l’histoire des peuples, BAR ZING a employé un personnage de l’ancienne BD française : FANTAX.
- Qui ça ?
Normal que les multitudes de jeunes d’aujourd’hui, habitués des Mangas et autres super-héros-tiques (moustiquaire S.V.P.) ignorent ce que fut l’existence pourtant fameuse de ... FANTAX.
Même s’il nous est facile de voir que FANTAX vient de fantastique et que ce mot a été simplifié en deux syllabes, la seconde étant fermée par un X. Le X symbole du mystère, du secret, de l’anonymat, bref : de l’inconnu même polytechnicien.
C’est Pierre Mouchot (1911-1967) et son compagnon du moment : Navarro qui le façonnèrent pour l’année 1946. Le premier dessina le personnage doté de muscles adaptés à nos bandes dessinées pour écoliers ; tandis que le second donna le nom et le personnage et le masque du héros. Avec l’arrêt de la Seconde Guerre Mondiale, les américains vainqueurs en Europe de l’Ouest ramenèrent chez nous leur quantité de supermen : c’est donc pour rivaliser contre eux que Mouchot et Navarro créèrent ce grand “ cagoulard ”. Une cagoule, certes ! Mais rien en commun avec Eugène Deloncle.
Et que les gamines, nos copines d’enfance, s’en retournent à leurs tricots “ Les paupières baissées, les genoux serrés ” selon l’ancienne chansonnette : FANTAX est un titre pour les hommes.
Mis en vente sous un format 23 X 28 cm. mensuel, le journal ne comptait que 12 pages. La couverture, seule, colorée en quadri pendant que les 11 autres pages alternaient tantôt en noir sur blanc, tantôt imprimées bleuâtres. Il n’y eut que 39 numéros édités de 1946 à 1949. La réussite fut phénoménale ce qui attira aussitôt la jalousie des éditeurs rivaux. Et comme Pierre Mouchot signant CHOTT ne se gênait pas pour multiplier les scènes de violence, on peut affirmer que la sinistre Loi de Juillet 1949 se trouva votée en partie contre l’ambiance graphique du phénoménal FANTAX. Communistes et catholiques s’acharnèrent contre LUI, son principal adversaire venant du monde religieux judéo-chrétien : L’Abbé PIHAN (1912-1996).
Le dernier numéro officiel de - FANTAX - n° 39, porte un encart indiquant à ses nombreux fans qu’il cesse sa parution. Et sur sa dernière couverture le sous-titre imprimé fait allusion aux nombreux problèmes judiciaires auxquels se heurta Mouchot Chott.
Pierre Mouchot créa sa propre maison d’Editions Rhodaniennes dans la ville de Lyon d’où il multiplia beaucoup de nouveaux titres BD : RANCHO, KIKI SPRINT, FANTASIA, etc, etc. Et cela jusqu’à l’année 1959 où la réussite de catcheurs masqués applaudis par les familles devant l’écran TV, encouragea l’obstiné CHOTT a rétablir l’existence de son FANTAX parmi le public français. Hélas ! La Loi 1949 n’étant toujours pas abolie et les vieux ennemis pas tous morts, cette résurrection ne connut que 9 numéros avant d’être obligée de se suicider à nouveau.
Ceux-celles d’entre vous souhaitant s’informer plus en détail quant au talent courageux de CHOTT peuvent se procurer chez des libraires spécialisés en BD au moins deux études :
BDESUP, n° spécial 38-39, année 1986.
ENCYCLOPEDIE des Bandes Dessinées de petit format, Tome 3, décembre 1996. Libraire FANTAXMAK Paris Xe.
Pendant sa scolarité BAR ZING ne s’inscrivit jamais au “ Club de l’Audace ” créé par l’inoubliable CHOTT. Lequel mit également en vente une figurine représentant FANTAX que BAR ZING ne possède toujours pas.
Bar Zing
17:23 Publié dans Arts, BD, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Media, Moeurs, Société, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre mouchot, chott, fantax, bar zing, tarzanides, bédésup 1986, encyclopédie des bandes dessinées 1996, bd super-héros
20/10/2024
Tarzanide n° 616
T'EN VEUX ? EN V'LĀ !
Depuis plus d’une année dans les grandes surfaces commerciales de France (et d’ailleurs!) MARVEL multiplie ses rappels publicitaires. Dans le domaine hétéroclite des BD il est le grand vainqueur quant à la création de « surhommes » plus ou moins héritiers du premier d’entre-eux : Superman ; et ça en dépit de la concurrence des mangas.
Car il a belle lurette (si j’ose dire) que le seul français capable de concurrencer les r’américains en ce qui concerne l’invention de supermen, a définitivement disparu, D.C.D. en 1967 : Pierre Mouchot. Effectivement, celui-ci était en compagnie de Marcel Navarro l’inventeur d’un grand cagoulard justicier : FANTAX dès 1946 et bien vite rival d’un Batman dans l’imagination des enfants d’alors.
Mais sans plus tarder passons à l’une des images publicitaires MARVEL.
Si vous avez été jeune pendant les années 70 et au-delà vous les connaissez tous. Mais ce que vous ne savez peut-être pas c’est que par les grands mouvements de leur corps produisant des « raccourcis » de musculature ils proviennent du style d’un dessinateur de BD fameux quoique n’ayant jamais œuvré pour l’industrie Marvel : Burnes Hogarth dont le style ce développa en succédant à celui d’Harold Foster. Tenez, vérifiez ci-dessous, les attitudes « à la Michel Ange » du personnage de romans puis de BD dont le nom est archi connu.
Lorsqu’en 1981 je créai un atelier de bandes dessinées d’abord rattaché à la Mairie de Paris, les adolescents inspirés par les supermen r’américains n’étaient pas rares et deux d’entre-eux, dans ce domaine (STRANGE) méritaient particulièrement mon attention. L’un Bruno, l’autre Laurent et son COQ-ATOME.
Souvenirs, souvenirs.
Bar Zing
16:29 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Cinéma, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marvel, hogarth, stan lee, pierre mouchot, marcel navarro, fantax, strange, tarzanide du grenier, bandes dessinées de collection, bar zing, montluçon
08/09/2024
Tarzanide n° 612
TONNERRE JACK
L’après-midi s’obscurcissait … vous pouvez croire que les gros nuages sombres devenaient trop lourds à supporter pour le ciel. On percevait aussi comme un rampement orageux au loin.
Ma grand-mère qui gardait un accent campagnard m’appela dans la rue caillouteuse qui conduisait jusqu'au lavoir municipal de Chenérailles en Creuse. « Rentre ! Rentre ! Tu entends bien que ça va tonner ».
Je me rapprochais. « Tu te rappelles quand tu étais petit je te disais que ce bruit venait du diable qui roulait ses tonneaux au-dessus de nos têtes ».
Le diable était donc un paysan vendangeur ?
Les foudres, les tonnerres de Zeus pouvaient alors tenir dans un personnage de BD baptisé THUNDER Jack. Je venais de le connaître dans un petit mensuel qui répondait au titre : P’TIT-GARS, n° 3 année 1952 (j’ai vérifié).
Disons le tout de suite : ce Thunder Jack ne bénéficia jamais d’une grande réputation auprès des écoliers de mon âge. Peut-être cet échec était-il dû à son éditeur Pierre Mouchot puisque l’identité de ce héros ne figura qu’une seule fois comme titre d’un journal de BD. Aussi resta-t’il confiné modestement dans des revues dépendantes de la SER (Société Éditions Rhodaniennes).
Ses aventurlures furent principalement éditées dans RANCHO Spécial et Humo RANCHO. Et comme on le vérifie sur les illustrations, Thunder Jack porte l’uniforme rouge de la célèbre police montée canadienne. En cela il semble avoir voulu rivaliser avec KING, série américaine BD qui le précéda.
I
Jacques Tonnerre, pardon : Thunder Jack disparut en France en même temps que disparurent les Éditions Rhodaniennes. Quant à Pierre Mouchot grand bagarreur de la BD française en lutte contre les censures imposées par la Loi 1949, il quitta notre monde à 55 ans, le 19 avril 1967.
Résistant contre l’occupation nazie en Ardèche, il résista aussi contre tous ceux et toutes celles qui croyaient pouvoir avilir la BD pendant la décennie des années 50 en France.
Bar Zing
16:15 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : thunder jack, pierre mouchot, chott, éditions rhodaniennes, rancho spécial, fantax, black boy, tarzanide du grenier, bandes dessinées de collection, bar zing, montluçon
16/07/2024
Tarzanide n° 602
BEAUX MASQUES
Toute une suite d’images exposant les phases d’un combat « à mort » entre deux ennemis … Un tel étalage de violences n’était pas rare dans quelques-unes des BD de ma scolarité d’avant l’épreuve du C.E.P. notamment dans les séries de provenance américaine. Avec en plus certaines présences féminines qui ne ressemblaient pas à la mémère de l’épicerie du coin : des « vamps » c.à.d. des vampires car on oublie trop qu’à l’origine par le cinéma, être vampire c’est d’abord être une fille.
AVENTURES
Hebdomadaire n° 11, 5e année, Mars 1950
La Loi de censure française du 16 juillet 1949 utilisa forcément ce genre d’imagerie américaine pour être votée à l’unanimité et pour la grande satisfaction des instituteurs, à l’encontre de nos journaux préférés. Je vous assure ici même que nos anciens maîtres d'école comme celle de l’École Voltaire de Montluçon demeuraient dans une totale ignorance des titres des publications illustrées de mon enfance. Aussi essayaient-ils vainement de nous faire acheter leur journal « Francs-Jeux », machin ennuyeux pratiquant la séparation entre garçons et filles conformément à la tradition religieuse des églises.
Nos héros masqués furent les premières victimes de cette Loi de 1949 : Tous disparurent. Il y eut même un éditeur français contre lequel s’acharnèrent tout particulièrement les censeurs : celui-ci se nommait Pierre Mouchot. Et les deux personnages principaux qu’il avait créés : L’un FANTAX, l’autre BIG BILL étant masqués, il dut renoncer à les éditer.
Une dizaine d’années s’écoula, mettons jusqu’en 1959. C’est alors que se produisit un évènement inattendu qui allait relancer l’intérêt du public populaire pour des champions dont le visage est caché sous un masque. Sur les toitures, autour des cheminées refroidies par l’installation du chauffage central remplaçant les poëles à charbon, on attachait des antennes de télévision nouvellement accessible. Et alors, chaque vendredi soir, après les informations gouvernementales, une potiche de service à côté d’un bouquet de fleurs nous annonçait le programme suivant : match de catch. Ce soir L’Ange Blanc contre le Bourreau de Bethune (ou tout autre phénomène de foire). Gros succès : l’Ange Blanc, justicier toujours vainqueur, était masqué.
Du coup, l’éditeur de BD Pierre MOUCHOT à dû se dire : tiens, tiens ! Les enfants regardent en famille, maintenant, un champion masqué à la Télé ! C’est le moment de relancer mon personnage FANTAX parmi les revues de bandes dessinées !
FANTAX, n° 1, Mars 1959
Nous n’exagérerons pas en témoignant que de tous les éditeurs français de BD Pierre MOUCHOT fut le plus harcelé par la censure Loi 1949. Il semblerait même qu’il eut un adversaire particulièrement hostile : L’Abbé Pihan. Cet Abbé Pihan décédé en 1996 après s'être allié aux musulmans du MRAP, fut obligé de constater le triomphe dans la Bande Dessinée de tout ce qu’il avait combattu avec acharnement.
Pour ceux et celles qui souhaitent une information complète sur les créations signées de Pierre Mouchot, Bar Zing conseille la lecture de :
ENCYCLOPEDIE des Bandes Dessinées de PETIT FORMAT Tome 3
par Gérard THOMASSIAN, décembre 1996
BAR ZING
16:39 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Cinéma, Fanzine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : :fantôme du bengale, fantax, pierre mouchot, l’ange blanc, tarzanide du grenier, bandes dessinées de collection, bar zing, montluçon
19/03/2023
Tarzanide n° 547
ENCORE EUX, TOUJOURS EUX
Chez nous, jeunes ou vieux, tout un chacun connaît PIM PAM et POUM, je préfère le croire.
D’origine allemande (Max und Moritz) ils s’américanisèrent (aïe !) par les dessins de Rudolph Dirks dans l’un des journaux dont le propriétaire était Citizen Kane. Comprenez : HEARST William, né en 1863.
Mon père connut dès le 7 avril 1935 les personnages BD Pim Pam et Poum. C’était en cinquième page de l’hebdomadaire Mickey, un dimanche matin. Et pour moi ce fut dans l’album numéro six de DONALD, année 1949.
« Je sais que tu aimes beaucoup les images, alors je t’offre ce gros livre illustré » m’avait dit Marthe Tourneau, notre cousine dont le fils déjeunait chaque jeudi chez ma grand-mère paternelle avant de jouer jusqu’en soirée avec moi. Toutefois …
Toutefois, quoi ? Pim Pam et Poum furent édités sous plusieurs titres en version française dont le moins connu d’entre eux est probablement CAP’TAIN LOUF.
C’est Pierre Mouchot, l’adulte terrible de la bande dessinée destinée à la jeunesse du pays de Landru et Casque d’Or, qui se risquait à produire cette nième interprétation des KATZENJAMMER . La parution était trimestrielle mais ne dura, semble t’il, que pendant huit numéros, année 1948. Ces huit numéros furent reliés en un album. Ci-dessous vous trouvez le scan de la couverture cartonnée dont les dimensions réelles sont : 17,5 X 26 cm.
L’exemplaire que je possède est fort endommagé. Quelques-unes des pages intérieures ont été coloriées maladroitement en bleu et rouge par je ne sais quel gamin ou gamine.
J’avoue que ce sont Pim et Pam et Poum qui m’inspirèrent une de mes bandes dessinées dont le titre oscilla entre : « Les Soeurs Jumelles d'eux » ou encore « Les d’Oeufs n’Horphelines » et dont j’ai déjà fourni un exemple dans mon blog en date du 05 mai 2012. Libre à vous de vous y reporter ou pas.
Bonne fin de dimanche à tous.
Doc Jivaro
16:50 Publié dans Arts, BD, BD anciennes, Blog, Fanzine, Film, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : , chott, pierre mouchot, bd cap'tain louf 1948, pim pam et poum, bandes dessinées de collection 1948, rudolph dirks
19/02/2023
Tarzanide n° 545
S’envoyer en l’air, tomber plus bas
La came, la drogue … Dans les BD de la décennie 1950, le ravitaillement manquait. Alors nous en parlions peu, même pas du tout. Malgré que l’HERGÉ ait publié son 10e album : COKE EN STOCK avec pour héros Riquet à la Houpe – Oh ! Pardon il faut écrire : TINTIN. Alors oui le cannabis et la cocaïne pouvait roder quelque part sous le préau les jours de pluie quand les instituteurs accourcissaient le temps de la récréation sans pouvoir griller toute la cigarette Gauloise.
Pourtant arriva le n° 7 du mensuel RANCHO de l’année 1955 édité par Pierre Mouchot. Il venait de créer BLACK BOY, fils de Fantax. Dans l’image ci-dessus, Babs, la fiancée du fils de Lord Neigbourg, découvre que son jeune cavalier se shoote. Mais les scénarios relatifs à la consommation des drogues restaient très rares dans les bandes dessinées de ma jeunesse. En voici un deuxième exemple dans le Buffalo Bill de 1951 dessiné par René Giffey, cette fois sur le cas d’un jeune indien ambitionnant de devenir un grand guerrier.
Il se pourrait que les images signées de René Giffey aient été inspirées dans les récits historiques relatés par Catlin ou encore Bodmer qui partagèrent réellement l’existence des tribus amérindiennes pendant leur dernier siècle de gloire.
Ah ! Je n’ai pas besoin de vous préciser que Coke en Stock ne dénonce pas le trafic de substances hallucinogènes mais dénonce la traite des esclaves noirs dans les environs des Émirats Arabes. Une réalité historique dont la politicienne de gauche OBONO préfère ne pas parler tout en souhaitant que vous en ignoriez l’existence. Il y a comme ça des mémères venues de familles africaines dont on se demande si le racisme anti-européen suinte, suppure malgré elles, à mots couverts.
Doc Jivaro
17:04 Publié dans Actualité, BD, BD anciennes, Grenier de la BD, Journaux, Tarzanides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cannabis, coke en stock, rené giffey, pierre mouchot, rancho mensuel, bandes dessinées de collection, tarzanide du grenier, doc jivaro

















